
Titre : Les Hortensias, dans Anthologie de nouvelles japonaises tome III.
Titre original : 紫陽花
Auteur : Yoshiyuki Jun'nosuke (吉行淳之介)
Traduit par : Cécile Sakai
Edité par : Picquier
Date(s) d'origine : 1964
Yoshiyuki Jun'nosuke (1924-1994) est né dans la ville d'Okayama, située entre Ôsaka et Hiroshima. Son père, Yoshiyuki Eisuke, était l'un des chefs de file de l'école « moderniste » - influencée notamment par le dadaïsme -, qui a marqué la littérature japonaise au début de l'ère Shôwa.
Après avoir effectué une grande partie de sa scolarité à Tokyo, Yoshiyuki Jun'nosuke entre en 1945 à l'université de Tôkyô, mais doit bientôt interrompre ses études pour des raisons financières, et travaille quelques années comme rédacteur dans une revue populaire. Il publie parallèlement plusieurs récits, orientés dès l'abord vers la prose poétique, et connaît son premier succès avec une nouvelle intitulée Bara hanbainin (Le Vendeur de roses) en 1950. Quatre ans plus tard, il reçoit le prix Akutagawa pour Shūu (L'Averse), description minutieuse des relations ambiguës qui se nouent entre un jeune homme et une prostituée des quartiers de plaisir.
L'œuvre de Yoshiyuki Jun'nosuke se présente par la suite comme une série de variations sur l 'érotisme et la sensualité, vécus à la fois dans leur matérialité et dans leur dimension symbolique; Genshoku no machi (La Ville aux couleurs fondamentales, 1956) et Shōfu no heya (La Chambre de la prostituée, 1958) en sont deux illustrations exemplaires.
Certains récits, notamment Honō no naka (Au milieu des flammes, 1956) et Fūkei no naka no kankei (Relations au sein d'un paysage, 1960), sont issus d'une inspiration plus autobiographique et associent les expériences de la guerre aux souvenirs familiaux. Pourtant, il ne s'agit pas là de textes s'inscrivant dans une lignée naturaliste ou réaliste, mais bien plutôt de mises en perspective, pour ainsi dire abstraites, des rapports humains.
Unanimement saluée par la critique pour son originalité, l'œuvre de cet auteur a été couronnée par de nombreux prix littéraires; citons pour mémoire Anshitsu (La Chambre noire), prix Tanizaki en 1969, et Yūgure made (Jusqu'au soir), prix Noma en 1978.
La nouvelle que nous présentons ici a été publiée en novembre 1964 dans la revue Pūkei (Paysages).